
Nul ne savait où le vent les poussait. Le batelier cessant de chanter scrutait les flots. On ne voyait pas à plus de cent mètres. Il cria:
- Monsieur, veuillez vous poster à l'avant. On approche de la côte. Matelots parez aux manœuvres.
Le vieillard était parvenu à se mettre debout. Il accompagna Alphonse:
- J'ai fait la pêche autrefois. Je connais les fonds. Mais les yeux me manquent.
Il ajouta en levant un regard fatigué: - Dites-moi donc ce que vous voyez.
Presque aussitôt, Alphonse repéra une ombre sous les marbrures des vagues.
- A droite, un rocher!
- A quelle profondeur? s'écria le vieillard
- Environ trois brasses!
- Quelle forme?
-Allongée!
- Si vous en voyez d'autres, c'est qu'on se dirige vers la Pointe.
- J'en vois d'autres, plus petits, en chapelet.
- C'est la pointe de Messery ! Batelier, vire à gauche, hurla le vieillard de toutes les forces qui lui restaient.
- Matelots, à l'aviron droit, cria le capitaine.