2.15.2008

222. Alphonse Guillot : "A propos du Chablais".

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«Le Chablais - d'après Bertholotti - est la perle la plus petite, mais la plus brillante de la couronne ducale de Savoie. Cette expression un peu dynastique dessine toutefois d'une manière assez pittoresque l'aspect d'une « contrée trop belle sous le rapport des sites, des magnificences naturelles et de la fertilité du sol pour n'avoir rien à envier aux cantons de Genève et du Valais qui forment les trumeaux extrêmes du cadre dans lequel elle est pour ainsi dire enchâssée.
Cadre admirable dont les branches latérales sont d'un côté le Léman aux eaux diaphanes larges et profondes, de l'autre, le Faucigny avec ses pyramides de montagnes gigantesques dont la tête se couronne de neiges éternelles, tandis que leurs flancs cachent comme autant de nids de verdure, les plus charmantes « vallées que le voyageur puisse visiter.
Sans avoir des montagnes aussi majestueuses et surtout aussi renommées que le Faucigny, le Chablais, dans la ramification des Alpes qui couronnent les hauteurs, offre aux touristes quelques excursions pleines de charmes, telles que celles des dents d'Oche, des Memises, des cornettes de Bise.
Le Chablaisien est affable et hospitalier, le sexe est remarquable dans plusieurs localités et le montagnard est doué de la plus robuste constitution. On retrouve le type de la race bourguignonne - Burgondes - dans les habitants de cette province qui « ont en général une taille élevée, les yeux bleus, les cheveux blonds et la peau blanche. (Joseph Dessaix : Evian-Thonon)
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Evian, l'ancienne métropole du pays de Gavot - lieu solitaire - est la seconde ville du Chablais. Assise dans la contrée la plus délicieuse et la plus enchantée que l'on puisse imaginer, elle tire son nom et sa célébrité de ses eaux minérales et s'élève en amphithéâtre comme pour se mirer dans la limpidité de son lac. Située sur la route romaine reliant l'Alpe Pennine à Genève, elle fut connue des maîtres du monde « qui recherchaient avec soin les stations thermales. Son nom Evian - du celtique EW. Evoua, eau - dit que son origine se perd dans la nuit des temps ; les Romains le traduisirent par Aquianum (L.E. Piccard : Thonon-Evian : le Chablais moderne)
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Borne marquant la frontière entre le canton de Genève et le Chablais

221. Alphonse Guillot : "Impressions de voyage" : dédicace.


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"EVIAN-LES-BAINS , le Lac Léman, la montagne.
Impressions de voyage et de séjour" par Alphonse Guillot
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Ce modeste ouvrage est dédié à vous, Madame,
qui me l'avez demandé, et au nom de notre amitié.
Mais, je veux également le dédier à vos soeurs,
à toutes les inconnues d'hier, d'aujourd'hui, de demain,
à toutes les âmes qui auront aimé, souffert parfois,
et recherché la beauté et l'idéal.
à tous ceux qui auront respiré et senti passer sur leur front
l'air pur et frais des Alpes.
à tous ceux qui auront admiré
les vertes campagnes de la Savoie,
contemplé l'azur du ciel et les feux du soleil couchant
se reflétant dans les eaux limpides du lac Léman.
à tous ceux qui auront senti cette émotion particulière, pénétrante et douce, dont on est saisi devant ce vaste et prestigieux panorama.
et à tous les habitants de la Haute-Savoie, et des rives du Léman, où je me plais à vivre, et voudrais reposer. (Alphonse Guillot. clos petite source, Evian-les-Bains)

2.14.2008

220. Evian : la fondation de l'établissement thermal.

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Autorisation pour la fondation d'un établissement thermal----------------------------CHARLES FÉLIX, par la grâce de Dieu Roi de Sardaigne, de Cypre et de Jérusalem, duc de Savoie, de Gênes, prince de Piémont,
François Fauconnet, de Genève, désirant établir des bains publics à Evian avec la source d'eau alcaline gazeuse qui sourd d'un jardin appartenant à Gabriel Cachat,
Nous a suppliés de lui permettre d'acquérir tant le jardin où jaillit ladite source, que d'autres immeubles adjacents appartenant audit Cachat, à ,la Ville d'Evian et à divers autres particuliers indiqués dans le plan signé Gruz joint à la supplique dudit Fauconnet ;
Les avantages que représenterait cet établissement pour cette partie de notre Province du Chablais, Nous ayant déterminés à accueillir favorablement cette demande, c'est pourquoi de notre science certaine et autorité Royale, eu sur ce l'avis de notre Conseil, avons permis et permettons à François Fauconnet de Genève d'acquérir et posséder ladite source d'eau et les immeubles indiqués sur ledit plan, situés dans les deux milles frontière, et figurés sous les numéros 1584, 1584 […] 2139de la mappe de fa ville d'Evian, de la contenance totale de mil six cent quatre-vingt-dix neuf toises, sept pieds, à la forme du plan signé Gruz en date du 2 octobre passé, lequel restera joint aux présentes, après avoir été visé par notre Premier Secrétaire d'Etat pour les affaires internes, lesdits immeubles appartenant les uns à Gabriel Cachat, et les autres à la ville d'Evian, à Antoine Constantin, à la veuve Gurnel, aux hoirs Martin, à François-George et Claude Coffy, aux hoirs Vadaux, aux hoirs Morel, à Gaspard Chatillon et à Marie Jacquier, en tant toutefois que ceux-ci consentent à vendre leurs respectives propriétés.[…]
Mandons à notre Sénat de Savoie d'enregistrer les présentes, de les observer et de faire observer suivant leur forme et teneur; car ainsi Nous plait.
Données à Turin, le vingt du mois de janvier l'an de grâce mil huit cent vingt-six et de notre Règne le sixième. Signé Charles-Félix
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Source : Brochure "Evian au fil du temps"
Médiathèque Ch. RAMUZ. Evian

219. Evian : une eau miraculeuse. 2/2

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UNE EAU MIRACULEUSE : LETTRE DE LA COMTESSE LOUISE-FRANÇOISE DE LESSERT A SON AMIE RENÉE DE MIREMONT (seconde partie)
Château de Blonay à Evian par Amphion, ce 21 septembre 1790.
Or c'est ici que nous entrons dans l'extraordinaire, même dans le merveilleux: au bout de quelques jours de ce manège, le marquis a cru se sentir mieux, le sommeil et l'appétit lui revenant un peu en même temps que l'humeur agréable et la vivacité du regard. Je tremblais à part moi que ce mieux ne fut qu'un leurre. C'est alors, ma chère Renée, que l'idée me vint de suggérer au malade d'abandonner quelques jours à la suite l'emploi de cette eau singulière. Il s'y résigna sur mon conseil mais avec peine. Et qu'en advint-il ? Vers le cinquième jour de cette abstention, la maladie reparut plus aigue, plus torturante que devant. Il n'y avait qu'à revenir au remède.[…]
Le comte est à peu près remis; son rétablissement n'est plus qu'une affaire de jours. Il ne tarit pas d'éloges sur les vertus de l'eau qui l'a guéri, et se propose pour utiliser ses loisirs d'écrire par le détail la narration de sa cure. […] Votre chère Françoise est dans le ravissement. Elle ne cesse de bénir le ciel qui l'a conduite en ce pays qu'elle tient maintenant pour le plus plaisant qui soit au monde. C'est qu'elle le voit en femme heureuse, en épouse aimée qui - approchez bien près votre oreille de mes lèvres - qui sera mère. Je vous embrasse bien fort pour cacher ma rougeur. Votre tendre et très heureuse . L. Françoise de Lessert

2.08.2008

218. Evian : une eau miraculeuse. 1/2

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LETTRE DE LA COMTESSE LOUISE.FRANÇOISE DE LESSERT A SON AMIE RENÉE DE MIREMONT

Château de Blonay à Evian par Amphion, ce 21 septembre 1790.

Ma chère Renée,

Que je vous fasse vite part, après vous avoir tendrement embrassée, de certain événement heureux lequel me met en si grande joie que mes esprits en sont tout à l'envers. […] Vous savez que M. de Lessert depuis bien des années souffre du rein et de l'estomac. Ces affections, qui tenaient en échec tout le savoir des médecins, tourmentaient à tel point le comte que l'existence lui était devenue un supplice de chaque instant. Son caractère aimable et enjoué, heureux résultat d'un tempérament bien équilibré et d'une parfaite égalité d'humeurs, s'était, à la longue, altéré profondément, passant du doux à l'aigre, du galant.au grognon ; là, le mot est lancé !
C'est l’effet ordinaire, parait-il, de ces sortes de maladies. Mon rôle d'épouse vous savez combien affectionnée avait ainsi mué en celui de garde de malade, ce dont je me trouvais tant marrie que mortifiée.
Sur la consultation des médecins tous en accord, nous sommes, il y a quatre mois pleins, partis de Montaiguz sans grand domestique, nous dirigeant à petites journées sur Amphion en Chablais, à quelques lieues de poste de Genève, tout au bord du lac Léman que tout le monde dit à raison être le plus beau du monde. Comme nous arrivions, là Cour de Savoie qui y vient de temps à autre depuis Turin, s'en allait, et nous avons pu ainsi, sans autre incommodité que de renoncer à toutes nos aises, nous loger dans une méchante hôtellerie du près de l'eau.
Chaque jour après avoir fait usage des eaux martiales qui le devaient guérir, M. de Lessert se laissait promener un peu aux environs dans sa chaise, car il ne pouvait presque plus marcher. Certain dimanche du mois passé, ses porteurs le menèrent jusqu'à Evian, assez gros bourg de ce que l'on nomme ici Pays de Gavot, je ne sais pourquoi. Passant près d'une eau qui coulait belle et fraîche, s'échappant d'un jardin au midi, il s'en désaltéra abondamment, le site d'Evian lui ayant par ailleurs plu beaucoup, il s'en est fait porter le lendemain et les jours suivants et a continué à boire de cette eau qu'il trouvait agréable.

Extrait de la brochure "Evian au fil du temps"
Médiathèque Ch. RAMUZ. Evian

217. Le tour de la France par deux enfants. 3/3.

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Fac-similé des pages dont le texte est reproduit dans le message 216
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2.07.2008

216. Le tour de la France par deux enfants. 2/3

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Le clair de lune était splendide, la route lumineuse comme en plein jour; mais l'air était froid, car il gelait sur ces hauteurs, et les noirs sapins avaient sur toutes leurs branches de grandes aiguilles de glace qui brillaient comme des diamants.
Après plusieurs heures de marche sur une route toujours montante, on traversa un dernier défilé entre deux montagnes.
- Vous savez sans doute, mes enfants, dit alors M. Gertal, que nous sommes ici à deux pas de la Suisse, et nous arriverons bientôt au haut d'un col d'où l'on découvre toute la Suisse, la Savoie et les Alpes. Descendons de voiture, et nous regarderons le soleil se lever sur les montagnes : le temps est pur, ce sera magnifique.
Le petit Julien en un clin d'œil fut éveillé, il se hâta de sauter sur la route et courut en avant. Mais André l'avait devancé, et lorsqu'il fut au sommet du col:
- Oh Julien, s'écria-t-il, viens voir !
L'enfant arriva vite. Les deux frères se trouvaient placés au haut de la chaîne du Jura comme sur une muraille énorme presque droite. A leurs pieds s'ouvrait un vaste horizon: la Suisse était devant eux. Tout en bas, dans la plaine, s'étalait à perte de vue le grand lac de Genève, le plus beau de l'Europe, dominé d toutes parts par des montagnes blanches de neige.
- Comme ce lac brille sous les rayons de la lune! dit Julien; moi je l'aurais pris volontiers pour la mer, tant je le trouve grand !
- Mais dis-moi, André, comment s'appellent ces montagnes là-bas, si hautes, si hautes, qui enferment le lac comme dans une grande muraille?
- Ce sont les Alpes de la Savoie, dit M. Gertal qui arrivait. A nos pieds est la Suisse, mais à droite, c'est encore la France qui se continue, bornée par les Alpes. Dans la Savoie, en France, se trouvent les plus hautes montagnes de notre Europe. Ces neiges qui couvrent leurs sommets sont des neiges éternelles.
- Vois-tu, en face de nous, sur la droite, ce grand mont dont la cime blanche s'élève par dessus toutes les autres? C'est le Mont Blanc. Il y a sûrement sur sa cime glacée des neiges qui sont tombées depuis des siècles et que nul rayon du chaud soleil d'été n'a pu fondre.
- Quoi! vraiment? dit Julien, d'un air réfléchi, en poussant un soupir d'étonnement.
- Oui, continua M. Gertal, chaque hiver de nouvelles neiges recouvrent les anciennes. Aussi, aux endroits où la montagne en est trop chargée, il suffit d'un coup de vent, [...] pour ébranler des blocs de neige et de glace entassés; ces blocs s'écroulent alors avec un bruit effroyable, écrasent tout sur leur passage, ensevelissent les troupeaux, les maisons, parfois des villages entiers. C'est ce qu'on appelle les avalanches. (pages 85 et 86)

215. Le tour de la France par deux enfants. 1/3.

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In "Le tour de la France par deux enfants" de G. BRUNO

Le tour de la France par deux enfants est un manuel scolaire qui a été écrit par Mme Augustine Fouillée (née Tuillerie) sous le pseudonyme de G. Bruno. Publié en 1877, il a été réédité près de 400 fois. Il a donc servi pendant près de 50 ans de manuel scolaire. Le charme de ce livre de lecture provient à la fois de son histoire pleine de bons sentiments, prétexte pour aborder la géographie de la France, son histoire, les sciences et techniques, mais aussi des 220 gravures de cette édition. 30 ans après l'avoir lu pour la première fois, il tout à fait possible de passer dans un coin de France et de reconnaître un lieu ou un paysage.

http://www.demassieux.fr/Site/Tour_de_la_France.html