2.15.2008

226. Alphonse Guillot : "Evian". 1/2.

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Evian est certainement la ville d'eaux idéale. A l'arrivée en gare, ce sont les wagons chargés d'eau Cachat, les services d'expédition reliés à la voie ferrée par des rails particuliers, et la source des Ducs de Savoie. Avenue de la Gare, les tracteurs et les camions rencontrés, transportent de l'eau contenue dans des bouteilles vert clair, qui seront dirigées sur Marseille ou le Havre. Avenue des Sources, ce sont les vastes bâtiments de manutention, de mise en bouteilles ou en bonbonnes, opérations fort intéressantes, rapides, ingénieuses et auxquelles on peut assister. C'est ensuite dans un hall aux grandes et belles proportions la grande buvette de la Source Cachat. En face, près de l'escalier qui conduit au Splendide Hôtel, la buvette du Parc, de style roman, plus loin, le griffon de la source Cachat, encore intéressant à visiter, la source des Cordeliers, la source Première, la source des Grottes.
Sur le quai Baron de Blonay, ancien administrateur de la ville, se dresse l'établissement thermal, surmonté d'une coupole, de trente mètres de haut ; dans le hall octogonal d'où partent les escaliers et les couloirs de service et l'ascenseur, quatre fontaines, allégories des sources Cachat, Bonnevie, Clermont, Cordelier, dispensent l'eau dans des vasques de marbre rouge. Au Casino, l'eau des sources Clermont et des Cordeliers est à la disposition du public. L'eau d'Evian Cachat est encore sur toutes les tables des restaurants et dans les hôtels, c'est le verre d'eau pour la nuit, et un service spécial en assure la distribution en cruchons bleu de Sèvres, dans toutes les maisons particulières et les villas. (Alphonse Guillot, opus cité, page 38)

225. Henry Verne : "Evian".

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La nature qui a répandu ses trésors sur les rives enchanteresses du Léman s'est plu à les grouper à Evian en un ensemble des plus harmonieux. Les alentours sont eux-mêmes pleins de poésie. Nous sommes loin de l'aspect un peu rude et sauvage de Meillerie ou de Saint-Gingolph; les sites se sont peu à peu adoucis, le paysage s'est magnifié ; une teinte chaude s'épand sur les prairies et vergers. La végétation est d'une vigueur étonnante. […]
Evian-les-Bains, la station haut-savoisienne à la mode, la ville d'eaux de renommée mondiale compte environ 4.000 habitants. Son climat d'une action sédative remarquable, est tempéré et très heureusement équilibré ; il convient admirablement aux tempéraments nerveux, aux organismes surmenés. L'hygiène de la station est parfaite et, d'année en année, des embellissements successifs accentuent « encore le cachet moderne d'Evian. Monuments anciens et modernes, quai merveilleusement ombragé, bordé de constructions somptueuses, banlieue de villas et de châteaux, environs délicieusement pittoresques. Tout à Evian concourt à séduite l'hôte de passage, à le retenir ou à le ramener par le charme puissant « des souvenirs. (Henry Verne : "Le lac Léman)

224. Docteur Bordet : "Evian, panorama splendide".

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Ce panorama splendide, ces sites privilégiés qui charment les yeux, reposent l'esprit et le corps, font d'Evian une station balnéaire unique appropriée aux dernières exigences, où le malade trouve à la fois le « calme et la distraction. Dans le choix à faire d'une station, dit le Docteur Macé, on doit tenir compte non seulement de la composition chimique de l'eau, mais aussi du climat, de l'altitude, des ressources de la station, des habitudes du malade, de ses dispositions morales. Tout dans cette zone tempérée concourt à donner aux grandes fonctions de l'organisme, l'impulsion « la plus forte et la plus salutaire. Un court aperçu sur- la beauté du paysage, sur les conditions cosmiques et telluriques, sur les agréments d'Evian n'est point un hors-d'oeuvre.
Protégé des vents du midi par les contreforts des Alpes, Evian jouit d'une température douce ; les chaleurs de juillet et août, toujours tempérées par une légère brise, n'amènent jamais ces journées lourdes, brûlantes qui accablent, anéantissent et créent un état nerveux des plus pénibles. Pendant l'hiver, il est rare que le thermomètre descende plus bas que 5°, au-dessous de zéro ; le climat modéré que nous devons au voisinage du lac, permet de cultiver en plein vent le figuier, le grenadier et une - grande variété de plantes d'orangerie. (Docteur Gaspar Bordet in "Evian Médical")

223. Alphonse Guillot : "Arrivée en Chablais".

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Après un arrêt de quelques minutes le train avance dans les rayons de soleil faisant fuir les papillons jaunes, bleus, posés sur les fleurs des talus, la vue s'élargit, le lac prend plus d'ampleur, un léger brouillard en estompe encore la surface ; on a une impression analogue à celle éprouvée sur la côte normande, près de Dives-Cabourg.
Dans la plaine, le delta de la Dranse s'étend sur plusieurs kilomètres de largeur et de profondeur. C'est un immense dépôt d'alluvions, de sable et de galets apportés des montagnes, roulés depuis des milliers et des milliers d'années par les torrents aux eaux fougueuses dans les hauteurs, et qui maintenant, assagies, calmes, s'écoulent en plusieurs petites branches sous les ruines d'un pont datant de l'occupation romaine et, contraste bien moderne, alimentent une manufacture de papier à cigarettes.
On prend de plus en plus contact avec le panorama qui attire, émerveille, captive, et exerce son influence sur tous les voyageurs, même sur ceux qui le connaissent ; nul n'y reste indifférent. De l'ensemble, se dégage une impression toute particulière faite de douce langueur du voyage, des sites traversés, des groupes de touristes aperçus dans les gares, et sur les routes, de l'apothéose offerte aux regards par la nature, qui, du chaos des montagnes, des dentelures de la Dent d'Oche, descend jusqu'aux molles ondulations de la terre et à la surface unie du lac. (Alphonse Guillot, opus cité, page 15 et 16)
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Le viaduc ferroviaire de Longeray au défilé de Fort l'Ecluse.

222. Alphonse Guillot : "A propos du Chablais".

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«Le Chablais - d'après Bertholotti - est la perle la plus petite, mais la plus brillante de la couronne ducale de Savoie. Cette expression un peu dynastique dessine toutefois d'une manière assez pittoresque l'aspect d'une « contrée trop belle sous le rapport des sites, des magnificences naturelles et de la fertilité du sol pour n'avoir rien à envier aux cantons de Genève et du Valais qui forment les trumeaux extrêmes du cadre dans lequel elle est pour ainsi dire enchâssée.
Cadre admirable dont les branches latérales sont d'un côté le Léman aux eaux diaphanes larges et profondes, de l'autre, le Faucigny avec ses pyramides de montagnes gigantesques dont la tête se couronne de neiges éternelles, tandis que leurs flancs cachent comme autant de nids de verdure, les plus charmantes « vallées que le voyageur puisse visiter.
Sans avoir des montagnes aussi majestueuses et surtout aussi renommées que le Faucigny, le Chablais, dans la ramification des Alpes qui couronnent les hauteurs, offre aux touristes quelques excursions pleines de charmes, telles que celles des dents d'Oche, des Memises, des cornettes de Bise.
Le Chablaisien est affable et hospitalier, le sexe est remarquable dans plusieurs localités et le montagnard est doué de la plus robuste constitution. On retrouve le type de la race bourguignonne - Burgondes - dans les habitants de cette province qui « ont en général une taille élevée, les yeux bleus, les cheveux blonds et la peau blanche. (Joseph Dessaix : Evian-Thonon)
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Evian, l'ancienne métropole du pays de Gavot - lieu solitaire - est la seconde ville du Chablais. Assise dans la contrée la plus délicieuse et la plus enchantée que l'on puisse imaginer, elle tire son nom et sa célébrité de ses eaux minérales et s'élève en amphithéâtre comme pour se mirer dans la limpidité de son lac. Située sur la route romaine reliant l'Alpe Pennine à Genève, elle fut connue des maîtres du monde « qui recherchaient avec soin les stations thermales. Son nom Evian - du celtique EW. Evoua, eau - dit que son origine se perd dans la nuit des temps ; les Romains le traduisirent par Aquianum (L.E. Piccard : Thonon-Evian : le Chablais moderne)
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Borne marquant la frontière entre le canton de Genève et le Chablais

221. Alphonse Guillot : "Impressions de voyage" : dédicace.


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"EVIAN-LES-BAINS , le Lac Léman, la montagne.
Impressions de voyage et de séjour" par Alphonse Guillot
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Ce modeste ouvrage est dédié à vous, Madame,
qui me l'avez demandé, et au nom de notre amitié.
Mais, je veux également le dédier à vos soeurs,
à toutes les inconnues d'hier, d'aujourd'hui, de demain,
à toutes les âmes qui auront aimé, souffert parfois,
et recherché la beauté et l'idéal.
à tous ceux qui auront respiré et senti passer sur leur front
l'air pur et frais des Alpes.
à tous ceux qui auront admiré
les vertes campagnes de la Savoie,
contemplé l'azur du ciel et les feux du soleil couchant
se reflétant dans les eaux limpides du lac Léman.
à tous ceux qui auront senti cette émotion particulière, pénétrante et douce, dont on est saisi devant ce vaste et prestigieux panorama.
et à tous les habitants de la Haute-Savoie, et des rives du Léman, où je me plais à vivre, et voudrais reposer. (Alphonse Guillot. clos petite source, Evian-les-Bains)

2.14.2008

220. Evian : la fondation de l'établissement thermal.

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Autorisation pour la fondation d'un établissement thermal----------------------------CHARLES FÉLIX, par la grâce de Dieu Roi de Sardaigne, de Cypre et de Jérusalem, duc de Savoie, de Gênes, prince de Piémont,
François Fauconnet, de Genève, désirant établir des bains publics à Evian avec la source d'eau alcaline gazeuse qui sourd d'un jardin appartenant à Gabriel Cachat,
Nous a suppliés de lui permettre d'acquérir tant le jardin où jaillit ladite source, que d'autres immeubles adjacents appartenant audit Cachat, à ,la Ville d'Evian et à divers autres particuliers indiqués dans le plan signé Gruz joint à la supplique dudit Fauconnet ;
Les avantages que représenterait cet établissement pour cette partie de notre Province du Chablais, Nous ayant déterminés à accueillir favorablement cette demande, c'est pourquoi de notre science certaine et autorité Royale, eu sur ce l'avis de notre Conseil, avons permis et permettons à François Fauconnet de Genève d'acquérir et posséder ladite source d'eau et les immeubles indiqués sur ledit plan, situés dans les deux milles frontière, et figurés sous les numéros 1584, 1584 […] 2139de la mappe de fa ville d'Evian, de la contenance totale de mil six cent quatre-vingt-dix neuf toises, sept pieds, à la forme du plan signé Gruz en date du 2 octobre passé, lequel restera joint aux présentes, après avoir été visé par notre Premier Secrétaire d'Etat pour les affaires internes, lesdits immeubles appartenant les uns à Gabriel Cachat, et les autres à la ville d'Evian, à Antoine Constantin, à la veuve Gurnel, aux hoirs Martin, à François-George et Claude Coffy, aux hoirs Vadaux, aux hoirs Morel, à Gaspard Chatillon et à Marie Jacquier, en tant toutefois que ceux-ci consentent à vendre leurs respectives propriétés.[…]
Mandons à notre Sénat de Savoie d'enregistrer les présentes, de les observer et de faire observer suivant leur forme et teneur; car ainsi Nous plait.
Données à Turin, le vingt du mois de janvier l'an de grâce mil huit cent vingt-six et de notre Règne le sixième. Signé Charles-Félix
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Source : Brochure "Evian au fil du temps"
Médiathèque Ch. RAMUZ. Evian

219. Evian : une eau miraculeuse. 2/2

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UNE EAU MIRACULEUSE : LETTRE DE LA COMTESSE LOUISE-FRANÇOISE DE LESSERT A SON AMIE RENÉE DE MIREMONT (seconde partie)
Château de Blonay à Evian par Amphion, ce 21 septembre 1790.
Or c'est ici que nous entrons dans l'extraordinaire, même dans le merveilleux: au bout de quelques jours de ce manège, le marquis a cru se sentir mieux, le sommeil et l'appétit lui revenant un peu en même temps que l'humeur agréable et la vivacité du regard. Je tremblais à part moi que ce mieux ne fut qu'un leurre. C'est alors, ma chère Renée, que l'idée me vint de suggérer au malade d'abandonner quelques jours à la suite l'emploi de cette eau singulière. Il s'y résigna sur mon conseil mais avec peine. Et qu'en advint-il ? Vers le cinquième jour de cette abstention, la maladie reparut plus aigue, plus torturante que devant. Il n'y avait qu'à revenir au remède.[…]
Le comte est à peu près remis; son rétablissement n'est plus qu'une affaire de jours. Il ne tarit pas d'éloges sur les vertus de l'eau qui l'a guéri, et se propose pour utiliser ses loisirs d'écrire par le détail la narration de sa cure. […] Votre chère Françoise est dans le ravissement. Elle ne cesse de bénir le ciel qui l'a conduite en ce pays qu'elle tient maintenant pour le plus plaisant qui soit au monde. C'est qu'elle le voit en femme heureuse, en épouse aimée qui - approchez bien près votre oreille de mes lèvres - qui sera mère. Je vous embrasse bien fort pour cacher ma rougeur. Votre tendre et très heureuse . L. Françoise de Lessert